Livia.

Marble. Copy from 4 CE or later after an original from 27—23 BCE.
Height 34 cm.
Inv. No. 1444.

Copenhagen, New Carlsberg Glyptotek
(Ny Carlsberg Glyptotek)

Origin:
Purchased in 1896 in Egypt. Presumably found in Fayum.
Description:
Italiano 34. Pl. LII—LIV

Livie. Buste de marbre. I.N. 1444. Acheté en 1896 en Egypte. Indiqué comme ayant été trouvé à Fayûm avec les Nos 32 et 45.

H. 0,34. Marbre blanc. Poitrine brisée obliquement, une partie du chignon fait défaut.

La curieuse coiffure avec une sorte de toupet sur le front (nodus) se trouve sur les effigies monétaires d’Octavie, la soeur d’Auguste, dans la période qui suit immédiatement son mariage avec Antoine en Tan 40 ou 39 av. J.-C. Elle était encore en usage une génération plus tard si Ton en juge d’Ars amatoria (III, 139) d’Ovide qui la recommande aux filles ayant le visage arrondi. On connaît un grand nombre de portraits de la dame représentée par le buste de Fayûm, répétitions ou variantes du même type, ainsi que copies d’autres modèles. Nous allons essayer de donner ci-après un aperçu de cette documentation en nous limitant toutefois aux têtes qui portent la coiffure à nodus. Les types de base sont indiqués dans ce qui est présumé être leur ordre chronologique.

A.

1) Anciennement à Rome, Coll. von Bergen. Die Antike 14, 1938, pl. 28—29.

p.66

2) Carthage, Musée Lavigerie. Delattre, Musée Lavigerie II p. 28, pl. 6. Röm. Mitt. 54, 1939, pl. 19.

Ces deux têtes ne sont pas à proprement parler des répliques, mais elles sont néanmoins très proches.

B.

1) Paris, Louvre. Tête de basalte. Röm. Mitt. 54, 1939, pl. 18. Encyclopédie photographique de l’art III, 29, 276. Charbonneaux, L’art au siècle d’Auguste pl. 68. Mon. Piot 51, 1960, p. 54, 65.

2) Rome, Villa Albani. Tête de basalte. Einzelaufnahmen 4311—4312.

3) Bonn, Akademisches Kunstmuseum. Tête de marbre provenant d’Egypte. Graindor, Bustes et statues-portraits de l’Egypte romaine No. 4, pl. 4.

4) Glanum. H. Rolland, Fouilles de Glanum 1947—1956, pl. 14.

5) Bologna, Museo Civico. Tête fragmentaire trouvée à Bologne. Röm. Mitt. 65, 1958, p. 77 («Ottavia»).

6) Compiègne. Espérandieu, Recueil V, 3911.

Nous considérons comme dérivés du type B :

7) Samos. Festschrift Rumpf pl. 21, 2—3.

8) Marmaris (Carie). B. S. A. 52, 1957, pl. 16a.

9) Rome, Musée des Thermes. De Praeneste. Felletti Maj, Ritratti No. 81. Röm. Mitt. 54, 1939, pl. 21.

C.

1) Copenhague, Glyptothèque Ny Carlsberg. Cat. No. 615, de Fayûm.

2) Londres, British Museum. Smith, Cat. III, No. 1990.

3) Pesaro, Museo Oliveriano. No. 3820. Studia Oliveriana 4—5, 1956—1957, p. 163, pl. 4—9. Je remercie le Professeur Tobias Dohm de ses aimables renseignements sur l’existence de cette tête.

4) Rome, Vatican. Museo Chiaramonti. Amelung, Vat. Kat. I, p.67 p. 459 No. 224, pl. 47. Cette tête très mal conservée est vraisemblablement une réplique. Ce type a souvent été utilisé dans les statues portant un voile sur la tête, dans plusieurs cas également avec une couronne:

5) Rome, Vatican. Sala dei Busti. Provenant d’Otricoli. Amelung, Vat. Kat. II, p. 538 No. 352, pl. 70.

6) Paris, Louvre. « Ceres Borghese ». Die Antike 14, 1938, p. 265.

7) Paestum. Am. Journ. Arch. 61, 1957, pl. 109, fig. 18. Fasti 11, 1958, pl. 38, 101.

8) Rome, Latran. Giuliano, Cat. Ritr. No. 20, pl. 13. R. West, Rom. Porträt-Plastik I pl. 31, 129.

9) Madrid, Museo Arqueologico. Statue d’Abundantia provenant de Cerro del Mingillar (Cordoue), l’antique Iponuba. Garcia y Bellido, Esc. Rom. No. 171, pl. 129.

Dans les deux cas suivants (10—11), il est vrai que le voile n’est pas conservé, mais d’après la nature des têtes, on peut supposer qu’il existait, ce qui s’applique peut-être aussi au 12).

10) Tarragon. Frederik Poulsen, Musées Espagnols p. 52 No. 7. Garcia y Bellido, Esc. Rom. No. 33, pl. 29.

11) Leptis Magna. Tête colossale acrolithe. Africa Italiana 8, 1940, p. 52 sqq.

12) Oxford, Askmolean Museum. Tête fragmentarie de grandeur surnaturelle d’une statue hellénistique de femme de la collection Arundel. Horn, Stehende weibl. Gewandstatuen pl. 39, 2. Michaelis, Ancient Marbles p. 541, No. 4 (avec tête moderne).

Un certain nombre de portraits doivent par ailleurs être considérés comme des variantes plus libres et plus grossières du type C :

13) Butrinto. Röm. Mitt. 54, 1939, pl. 20.

14) Rome, Musée des Thermes. De S. Giovanni Incarico. Felletti Maj No. 88. Marella, « Ottavia » (Mem. R. Acc. d’Italia, cl. sc. mor. st. 7, 3, 2, 1942) p. 60.

p.68

15) Rome, Latran. Giuliano No. 19, pl. 12.

16) Copenhague, Glyptothèque Ny Carlsberg. Cat. No. 616. Provenant d’Asie Mineure.

17) Oxford, Ashmolean Museum. De Narona en Dalmatie. Report 1941, pl. 3. Summary Guide 1951, pl. 70.

18) Paris, Louvre. Petit buste en bronze de Neuilîy-le-Réal. Hekler, Bildniskunst 207b. Encyclopédie photographique 24, 120 B. Festschrift Rumpf pl. 20, 3. Röm. Mitt. 62, 1955, p. 164.

D.

1) Marbury Hall. Einzelaufnahmen 3109—3111.

2) Rome, Musée des Thermes. Felletti Maj No. 87.

3) Poznan, autrefois Berlin. Beschreibung Berlin 1891, No. 434. Bernoulli, Röm. Ikon. II, 1, p. 104, No. 12. Bienkowski, O popiersiach Cezarow Rzymskich pl. 1. Très endommagé et très restauré.

4) Larissa. Arch. Anz. 1959, p. 104, fig. 22.

5) Barcelone. Trouvée à Ampurias. Am. Journ. Arch. 53, 1949, pl. 22 A. Garcia y Bellido, Esc. Rom. No. 52, pl. 47. Apparemment une physionomie plus vieillie que les autres.

6) Baltimore, Walters Art Gallery. Journ. 12, 1949, p. 66. Certains détails de la coiffure montrent que cette tête plaisante mais faible appartient à cette catégorie.

Le type de base apparaît d’une manière plus frappante dans deux camées :

7) La Haye. Pietrangeli, Famiglia di Augusto p. 39. Bull. Beschav. 33, 1958, p. 33. La pâte de verre correspondante, autrefois dans la Coll. Cook (Smith and Hutton, The Wyndham Cook Coll. II No. 296, pl. 14) est moderne. La pâte fragmentaire du British Museum paraît plus digne de foi (Walter, Gems and Cameos 3813, pl. 39).

8) Paris, Bibliothèque Nationale. Mon. Piot 45, 1951, pl. 10. Indiqué en 1938 comme disparu (Die Antike 14, 1938, p. p.69 260, fig. 4). Zadoks-Jitta considère cette pièce comme une imitation moderne du camée de la Haye (Bull. Beschav. 33, 1958, p. 34).

La dénomination Livie est assurée épigraphiquement pour C11 et C18. A cela s’ajoute la concordance avec quelques effigies monétaires d’Asie Mineure du règne de Tibère désignées « Julia Sebaste » ; pour autant qu’on puisse en juger, elles se rattachent plutôt au type D (Festschrift Rumpf pl. 23). A2, B4, B7, C1, C5, C10, C11, C13, C18 ont été trouvés avec des portraits d’autres membres de la Première Maison Impériale. Déjà le très grand nombre de portraits indique avec beaucoup de certitude qu’il s’agissait de la Première Dame de l’Empire. Octavie, la soeur d’Auguste, dont le nom a été proposé pour plusieurs d’entre eux n’avait ni une position aussi importante ni aussi officielle. Plus particulièrement, Octavie n’avait aucun rapport avec l’Egypte, où son époux Antoine ne s’est rendu qu’après l’avoir abandonnée (concerne le type B que Frederik Poulsen déjà, Rev. Et. Anc. 39, 1937, p. 386 et Lippold, Kopien u. Umbildungen p. 144, Gött. gel. Anz. 200, 1938, p. 153, appelait Livie). On possède également le témoignage fourni par une statue de Paestum à Madrid qui représente sans aucun doute la même dame, bien qu’ayant une autre coiffure (réplique au Vatican, Amelung I pl. 13, No. 77) assise comme la statue de Tibère trouvée en même temps (Einzelaufnahmen 1765—1770) ; la seule interprétation possible est la mère de l’Empereur. Nous retrouvons son profil marqué, à côté de celui de son fils, sur un camée de Florence (Bernoulli, Röm. Ikon. II, 1, pl. 27, 8. Knoepfli, Der Onyx im Allerheiligenmuseum Schaffhausen p. 25, pl. 3).

Dans le type A, Livie est encore toute jeune ; ces portraits la montrent probablement telle qu’elle était à l’âge de vingt ans peu de temps après avoir épousé le jeune Octave en l’an 38 av. J.-C. Si l’on en juge de deux exemplaires en pierre égyptienne p.70 (et d’une tête de marbre trouvée en Egypte), le type B ne peut pas être antérieur à la bataille d’Actium en l’an 30 av. J.-C. qui soumit le pays du Nil au pouvoir d’Octave. Nous supposons que le très fécond type C doit être mis en relation avec l’époque où Octave prit le nom d’Auguste et la consolidation de la monarchie qui s’ensuivit (27—23 av. J.-C., v. ci-dessus p. 28). Le type D a été créé plus tard, mais il est difficile de préciser le nombre d’années qui s’est écoulé. L’édification de statues officielles en l’honneur de Livie est mentionnée par Dio Cassius (49, 38, 1 et 55, 2, 5) dans les années 35 av. J.-C. (avec Octavie) et 9 av. J.-C. (à l’occasion de la mort de Drusus Major) ; elles pourraient correspondre à nos types A et D.

L’interprétation de notre portrait de Fayûm comme Livie est de de loin la plus naturelle, compte tenu des circonstances de la trouvaille et du fait qu’Auguste-Livie-Tibère constituent une trinité politique dans la période qui part de l’adoption de Tibère en l’an 4 apr. J.-C. et jusqu’à la mort de sa mère vingt-cinq ans plus tard (comp. Mon. Ant. 38, 1939, p. 81 sqq.). En réalité, il n’existe aucune possibilité d’établir avec certitude à quel moment durant cette période ce portrait a été érigé. Le style des portraits et le fait que le Tibère qui les accompagne est du type « Prince héritier » rendent plausible qu’ils sont de l’époque antérieure à la mort d’Auguste en l’an 14. Si Livie est représentée par un portrait de jeunesse à un moment où elle a plus de soixante ans, ce n’est pas seulement par galanterie à l’égard de l’Impératrice : il faut considérer dans cette relation le fait curieux qu’il n’existe aucun portrait d’Auguste à l’âge mûr.

Les bons portraits de Livie, parmi lesquels se range le nôtre, donnent une impression durable de la beauté piquante de cette femme d’une grande volonté.

Cat. 615. Billedtavler L. Steininger, Die weibl. Haartrachten im ersten Jahrh. p. 17. Frederik Poulsen, To romerske Kejserindeprofiler p. 13. Id. Greek and Roman Portraits in English Country Houses p. 53. Schweitzer, Antiken in ostpreussischem Privatbesitz p. 25. R. West, Röm. Porträt-Plastik I p. 108, pl. 27, 108. Meddelelser N. C. G. 2, 1945, p. 16. Acta Arch. p.71 17, 1946, p. 10. Mon. Piot 45, 1951, p. 79. Bull. Beschav. 31, 1956, p. 14, fig. 12. Röm. Mitt. 64, 1957, p. 31. Giuliano, Ritr. Rom. Lat. p. 15. Studi Sarsinati 1957 (Studi Romagnoli V) p. 229.

Credits:
(ññ) 2008. Photo: Sergey Sosnovskiy (CC BY-SA 4.0).
Text: museum inscription to the sculpture.
© 1973. Description: V. Poulsen. Les portraits romains. Vol. I. République et dynastie Julienne.
Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, 1973, pp. 65—71, cat. no. 34.

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